Haïti, au seuil d’une renaissance : Quand la terre et la mer tissent l’avenir

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Il est des nations que l’on croit éteintes, figées dans le marasme du passé, englouties sous le poids de leurs errances et de leurs blessures. Il est des terres que l’on dit infertiles, condamnées à voir leurs enfants partir, à offrir leur sol aux cendres du renoncement. Mais Haïti, cette île sculptée par les vents de la révolte et le soleil du courage, n’a jamais été de celles qui se soumettent à l’inexorable. Elle sommeille, oui, mais son réveil sera celui d’un géant.

Aujourd’hui, au confluent du progrès et de la nécessité, s’ouvre une voie lumineuse, celle d’une double révolution : agricole et industrielle. Un retour aux racines pour un bond vers l’avenir. Une harmonie retrouvée entre la terre, l’homme et la machine. Car les révolutions d’hier, nées de la sueur et du labeur, peuvent renaître sous l’égide de la technologie, éclatantes, transcendées, porteuses d’un nouvel élan.

Haïti est un jardin endormi. Son sol, profond et généreux, n’attend qu’une main experte pour en réveiller la fertilité. Les vallées du Nord, les plateaux de l’Artibonite, les terres riches du Sud… Partout, le riz pourrait onduler sous la brise, le maïs dresser ses tiges robustes vers l’azur, et l’arbre véritable offrir l’ombre de sa puissance. La technologie moderne, avec son irrigation maîtrisée, ses semences optimisées et ses drones agricoles, peut transformer ces champs en un océan de verdure nourricière.

Là où autrefois la houe et la charrue suffisaient à peine à subvenir aux besoins d’une famille, les machines peuvent aujourd’hui labourer, semer et récolter en un cycle fluide, précis, implacable. L’agriculture de subsistance doit céder la place à une production organisée, planifiée, optimisée. Car il ne s’agit plus seulement de nourrir Haïti, mais de la hisser au rang d’exportatrice. Le riz haïtien doit reconquérir ses tables, la mangue, le café, le cacao doivent redevenir des joyaux prisés sur les marchés internationaux.

Mais Haïti, ce n’est pas que la terre. C’est aussi une mer vierge, immense, prometteuse. Là où les vagues viennent caresser nos côtes, elles chuchotent un secret oublié : la mer nourrit. Elle ne se donne qu’à ceux qui savent l’apprivoiser. Trois bateaux industriels, équipés des technologies les plus avancées, suffiraient à écrire une nouvelle page de notre économie. Plus de poissons importés, plus d’emplois précaires ; une industrie de la pêche florissante, des conserveries modernes, des marchés vibrants où le produit national retrouverait sa fierté.

Dans chaque port, dans chaque crique, des jeunes Haïtiens formés aux métiers de la mer pourraient transformer cet or bleu en richesse durable. Le commerce maritime, autrefois source de prospérité, redeviendrait le pilier d’une Haïti triomphante, tournée vers l’horizon.

L’agriculture nourrit, la mer offre, mais c’est l’industrie qui transforme. Car il ne suffit pas de produire, il faut savoir créer, façonner, donner une valeur ajoutée à notre richesse brute. Haïti doit cesser d’être un simple réservoir de matières premières pour devenir une nation qui manufacture, qui innove, qui exporte des produits finis.

Les zones franches industrielles doivent s’étendre, non plus seulement pour le textile, mais pour l’agroalimentaire, la pharmacie, l’électronique. Les énergies renouvelables, ensoleillées et inépuisables, doivent alimenter nos usines, nous libérant de la tyrannie du pétrole. La jeunesse haïtienne, trop souvent en quête d’un ailleurs incertain, doit trouver ici même, sur cette terre qui l’a vue naître, les outils de son émancipation.

Ce rêve ne peut prendre corps sans une vision claire, sans une stratégie patiente et résolue. Un plan budgétaire sur vingt ans, méthodique et pragmatique, permettrait d’établir les infrastructures nécessaires, d’investir dans la formation et la recherche, de bâtir les fondations d’une souveraineté économique incontestable. Il faudra mobiliser des capitaux, séduire des investisseurs, structurer des partenariats, mais le jeu en vaut la chandelle.

L’impact sera colossal. En quelques décennies, nous pourrions inverser le cours du destin : des emplois par dizaines de milliers, un PIB en ascension, une balance commerciale enfin équilibrée. L’exode cesserait. Les Haïtiens n’auraient plus besoin de fuir pour espérer. Ici, chez eux, leur talent, leur ardeur, leur intelligence trouveraient enfin un terreau fertile.

Fermez les yeux un instant et imaginez… Des plaines verdoyantes s’étirant sous un ciel éclatant, des machines s’activant dans un ballet synchronisé, des usines bourdonnantes où s’élaborent les richesses du pays. Imaginez un port où les navires, pleins à craquer de produits made in Haïti, s’élancent vers le monde, fiers, triomphants.

Ce rêve, nous pouvons le concrétiser. Il est à portée de main, prêt à éclore, à condition que nous ayons le courage de l’imaginer, puis celui, plus grand encore, de le bâtir. Car Haïti n’est pas condamnée à la stagnation. Elle est appelée à renaître, à s’élever, à briller. La révolution est là, en attente, vibrante d’espoir et de possibilités. Il ne tient qu’à nous de la faire éclater dans toute sa splendeur.

L’histoire nous regarde. À nous de la réécrire.

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