Le cerveau humain est-il vraiment plus puissant que les ordinateurs ? Pas si sûr !

Depuis toujours, on aime penser que le cerveau humain est la machine la plus puissante de la planète. Mais une étude récente réalisée par des biologistes du California Institute of Technology (Caltech) remet sérieusement cette idée en question. Ces scientifiques ont quantifié la vitesse à laquelle le cerveau humain traite l’information et les résultats sont pour le moins surprenants : seulement 10 bits par seconde.
Dans le domaine de l’informatique, un bit représente une unité de mesure de l’information (1 ou 0). Les ordinateurs et les systèmes numériques modernes traitent des millions, voire des milliards de bits par seconde. En comparaison, la capacité de traitement du cerveau humain, limitée à une dizaine de bits par seconde, semble dérisoire.
Pour mieux comprendre cette mesure, voici quelques exemples :
1. Dactylographie professionnelle : Un dactylographe tape en moyenne 120 mots par minute, soit environ 10 bits par seconde.
2. Écoute d’un discours : Pour bien comprendre un message, la vitesse idéale est de 160 mots par minute, ce qui équivaut à environ 13 bits par seconde.
3. Résolution de Rubik’s Cube : Même avec le record mondial, la vitesse de traitement ne dépasse pas 11,8 bits par seconde.
En revanche, nos sens, comme la vue, captent une quantité gigantesque d’informations. Par exemple, chaque œil humain peut transmettre environ 1,6 milliard de bits par seconde grâce aux photorécepteurs de la rétine. Pourtant, le cerveau ne retient qu’une infime partie de ces données à cause d’un goulot d’étranglement dans le traitement de l’information.
Selon les biologistes, cette limitation est un vestige de l’évolution. Dans le passé, l’humain vivait dans un monde où la priorité était de repérer des prédateurs ou de chercher de la nourriture. À cette époque, traiter 10 bits par seconde était largement suffisant pour survivre. Aujourd’hui, avec la complexité de notre environnement moderne, cette limite devient un handicap face aux machines.
Les IA, contrairement à nous, n’ont pas ces limitations. Elles peuvent traiter des milliers de bits par seconde, les rendant bien plus rapides et précises dans certains domaines. Par exemple :
• Voitures autonomes : Ces machines traitent les informations de la route en une fraction de seconde, bien plus rapidement qu’un humain.
• Infrastructures routières : Dans un futur où les véhicules autonomes domineraient, tout pourrait être conçu pour ces machines ultra-rapides, mettant les piétons, avec leur lenteur cognitive, encore plus en danger.
Elon Musk et d’autres visionnaires misent sur des technologies comme Neuralink pour augmenter les capacités du cerveau humain grâce à des implants. Mais selon cette étude, même si on connecte le cerveau à une IA très puissante, la limite des 10 bits par seconde resterait intacte. Autrement dit, nous ne pourrions jamais égaler la vitesse de traitement des machines.
Un escargot traversant une autoroute est une image parfaite pour illustrer notre lenteur cognitive par rapport aux intelligences artificielles. Alors que ces dernières avancent à la vitesse de la lumière, notre cerveau progresse à pas d’escargot. Ce constat soulève une question cruciale : comment rester compétitifs dans un monde où les machines dominent ?
Bien que cette étude révèle la lenteur apparente de notre cerveau, il est important de noter que les « bits » humains ne sont pas identiques aux bits informatiques. Le cerveau humain possède une complexité et une créativité que les machines ne peuvent pas encore imiter. Cependant, dans les domaines où la vitesse et la précision sont prioritaires, comme les transports ou le traitement massif de données, nous risquons d’être dépassés.
En conclusion, cette étude est un appel à réfléchir sur la manière dont nous devrons coexister avec les intelligences artificielles dans les décennies à venir. Car, même si nous sommes lents, notre capacité à innover et à nous adapter reste notre plus grand atout. Mais attention, le monde avance, et il faudra accélérer pour ne pas rester sur la touche.