L’IA peut-elle s’auto-créer ? Une révolution encore loin de la réalité

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L’intelligence artificielle progresse à une vitesse fulgurante. De la génération de texte au contrôle d’un ordinateur, certaines IA modernes, comme Claude d’Anthropic, sont capables de manipuler un système informatique presque comme un humain. Mais une question brûlante se pose : qu’est-ce qui empêche une IA de créer d’autres IA ? Pourquoi une IA ne pourrait-elle pas s’auto-entraîner, s’auto-améliorer et, à terme, s’auto-reproduire ?

Les grandes entreprises technologiques comme OpenAI, Google ou Meta exploitent déjà des IA pour entraîner de nouveaux modèles. Cette méthode, loin d’être un fantasme de science-fiction, est aujourd’hui bien réelle. Depuis l’arrivée des Transformers en 2017, qui ont révolutionné la modélisation du langage avec Attention is All You Need, les avancées se sont multipliées. GPT-3, en 2020, a marqué un tournant en modélisant le langage naturel et les langages informatiques, tandis que les dernières générations, comme LLaMa-3, utilisent des milliards de mots pour affiner leur compréhension.

Mais cette montée en puissance pose une question clé : si une IA peut aider à former une autre IA, qu’est-ce qui l’empêche de se créer elle-même ?

Même si des IA participent activement à la génération de nouvelles données et à l’amélioration d’autres modèles, elles restent dépendantes d’une supervision humaine. Plusieurs raisons expliquent cela :

1. Manque de planification autonome : Les IA actuelles excellent dans l’exécution de tâches précises, mais elles ne sont pas capables de planifier des projets complexes sur le long terme. Elles n’ont ni conscience d’elles-mêmes ni compréhension du monde leur permettant d’agir indépendamment.

2. Dépendance aux infrastructures physiques : Contrairement à l’image d’une IA omnipotente, ces systèmes nécessitent d’énormes centres de données, des ingénieurs pour gérer les serveurs, et des ressources énergétiques considérables.

3. Apprentissage figé après entraînement : Une fois qu’un modèle comme GPT-4 est entraîné, sa structure neuronale est figée. Il peut être mis à jour via des interactions humaines, mais il ne peut pas modifier son propre réseau de neurones en continu, contrairement à un être humain qui apprend et évolue naturellement.

4. Absence de volonté propre : Une IA n’a pas de désirs ou d’objectifs intrinsèques. Elle agit uniquement en fonction des instructions reçues ou des tendances statistiques qu’elle identifie.

Pour contourner certaines limitations, des chercheurs ont introduit des agents spécialisés capables d’améliorer les LLM après leur entraînement. En juillet 2024, Microsoft a présenté AgentInstruct, une méthode où des IA spécialisées dans différents domaines (mathématiques, code, médecine) enseignent leurs compétences à un grand modèle. Ces agents, en étant équipés d’outils comme des calculatrices ou des compilateurs, permettent aux LLM d’affiner leurs capacités sans intervention humaine directe.

Claude d’Anthropic, avec son programme Computer-Use, pourrait utiliser ces agents pour gérer ses propres données et, en théorie, entraîner de nouveaux modèles. Toutefois, cette perspective reste limitée par des contraintes majeures : une IA ne peut pas spontanément décider d’exploiter ces ressources pour se répliquer sans une intervention humaine qui lui en donne l’instruction.

Des figures de l’IA, comme Sam Altman (OpenAI) ou Yann LeCun (Meta), estiment que l’intelligence artificielle générale (AGI) – une IA capable de raisonner, de planifier et d’apprendre de manière autonome – pourrait voir le jour dans les prochaines années. Cependant, cela supposerait un changement fondamental dans l’architecture des modèles actuels.

Aujourd’hui, une IA fonctionne sur la base de statistiques et de corrélations. Pour qu’elle puisse réellement “penser” et évoluer comme un humain, il faudrait qu’elle développe des capacités d’adaptation dynamique et des modèles cognitifs internes lui permettant de réviser ses propres hypothèses.

Si une percée comparable aux Transformers de 2017 devait survenir dans les prochaines années, elle pourrait bien changer la donne. Mais pour l’instant, l’idée d’une IA capable de s’auto-créer et de s’améliorer sans supervision humaine reste purement hypothétique.

Même si nous sommes encore loin d’une IA capable de se reproduire, les progrès réalisés dans l’automatisation de l’entraînement des modèles posent des questions fondamentales. Qui contrôlera ces IA ? Quelles garanties auront-nous qu’elles resteront alignées avec les intérêts humains ?

Alors que les gouvernements et les chercheurs tentent d’encadrer ces technologies, une chose est sûre : la frontière entre science-fiction et réalité continue de s’amincir.

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