TikTok au pied du mur : vers une vente ou une interdiction imminente aux États-Unis

0
1086

L’application TikTok, véritable phénomène culturel et économique aux États-Unis, est une fois de plus à la croisée des chemins. Alors que la date butoir du 5 avril approche à grands pas, son avenir sur le territoire américain demeure incertain, suspendu à une injonction présidentielle et à des négociations de dernière minute qui cristallisent à la fois des intérêts commerciaux, politiques et géostratégiques.

Le cœur du litige repose sur une loi promulguée l’an dernier par l’administration Biden, exigeant que ByteDance, la maison mère chinoise de TikTok, cède ses activités américaines sous peine de voir l’application interdite. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique de méfiance croissante à l’égard de la Chine, notamment en ce qui concerne la gestion des données personnelles et l’influence algorithmique.

En janvier, après l’expiration d’un premier ultimatum, TikTok avait brièvement disparu des magasins d’applications avant de renaître grâce à une intervention inattendue : le président Donald Trump, nouvellement revenu sur le devant de la scène, avait alors prolongé le délai de 75 jours, manifestant son désir d’encadrer personnellement une éventuelle vente.

Depuis, plusieurs acheteurs potentiels se sont positionnés, parmi lesquels Frank McCourt, Kevin O’Leary, MrBeast, la société Perplexity AI, et le géant Oracle, déjà partenaire technologique de TikTok aux États-Unis. Un fonds souverain américain a même été évoqué par Trump, sans que les modalités de cette hypothèse ne soient clarifiées.

JD Vance, vice-président et responsable du dossier TikTok, s’est montré optimiste quant à la possibilité d’un accord d’ici le 5 avril, précisant que celui-ci devra répondre aux exigences de la loi : une cession significative, avec une participation chinoise inférieure à 20 %, et une indépendance complète en matière d’algorithmes et de traitement des données.

Mais rien ne garantit que ByteDance ou les autorités chinoises accepteront un tel désengagement. Dans ce flou, Trump joue la carte de la négociation en agitant la possibilité de concessions tarifaires vis-à-vis de la Chine, en échange d’un accord sur TikTok.

Le scénario du pire reste néanmoins envisageable : une nouvelle suppression de l’application aux États-Unis, à moins que Trump ne décide d’user une fois de plus de sa prérogative présidentielle pour suspendre l’exécution de la loi. Dans l’ombre, les géants Apple, Google et Oracle s’interrogent sur leur responsabilité juridique en cas de maintien de la plateforme hors-la-loi.

Dans tous les cas, les 170 millions d’Américains qui utilisent TikTok pour s’informer, se divertir ou générer des revenus, retiennent leur souffle. La question n’est plus uniquement technologique : elle touche à la souveraineté numérique, à la liberté d’expression et à l’équilibre géopolitique mondial.

Pour ne rien manquer de l’évolution de ce dossier et de toutes les grandes tendances Tech, abonnez-vous à TekTek sur nos réseaux sociaux :

Twitter/X : @iam_tektek

Threads : @iam_tektek

WhatsApp : TekTek sur WhatsApp

Partager

Comments are closed.