Trump prêt à alléger les tarifs douaniers pour conclure un accord sur TikTok avec la Chine

La géopolitique du numérique vient une nouvelle fois de se heurter aux manœuvres commerciales de haut niveau. Le président américain Donald Trump a déclaré ce mercredi qu’il pourrait consentir à une réduction des tarifs douaniers sur les importations chinoises en échange d’un accord avec ByteDance, maison mère de TikTok, afin d’assurer la vente de l’application aux États-Unis. Une déclaration qui replace la plateforme de vidéos courtes au cœur des tractations sino-américaines, dans un contexte où la sécurité nationale et les intérêts économiques s’entrelacent de façon de plus en plus étroite.
Avec près de 170 millions d’utilisateurs américains, TikTok n’est plus un simple réseau social. Il est devenu une arène politique, économique et stratégique. La loi adoptée en 2024 imposait à ByteDance de céder TikTok à un acquéreur non chinois avant le 19 janvier 2025, faute de quoi l’application serait bannie des États-Unis. Un court bannissement avait d’ailleurs été appliqué en janvier, avant que le président Trump n’intervienne par décret pour suspendre temporairement l’application de la loi jusqu’au 5 avril. Une prolongation de cette échéance est aujourd’hui envisagée par la Maison-Blanche, qui joue un rôle décisif dans les négociations.
Mais la véritable impasse demeure l’approbation du gouvernement chinois. Pékin n’a jamais vu d’un bon œil la pression exercée sur ByteDance pour céder TikTok. Trump semble en être conscient et envisage désormais de faire usage de la seule monnaie d’échange qui pourrait faire plier les autorités chinoises : les tarifs douaniers. Il a évoqué mercredi une possible réduction partielle des droits de douane, en contrepartie d’un feu vert de Pékin à la vente de TikTok à une entité américaine. Un geste à la fois stratégique et révélateur du degré d’importance accordé par l’administration Trump à la conclusion de cet accord.
Rappelons que le président a récemment doublé les droits de douane supplémentaires sur tous les produits chinois, les portant de 10 % à 20 %, et avait même menacé, dès son premier jour au pouvoir, de sanctionner davantage la Chine si elle ne coopérait pas dans le dossier TikTok. Aujourd’hui, c’est ce même levier économique qu’il se dit prêt à desserrer, à condition d’obtenir un résultat diplomatique favorable.
Le vice-président JD Vance s’est quant à lui montré optimiste, déclarant qu’un accord sur les modalités générales de la cession pourrait être trouvé d’ici au 5 avril. Mais dans cette partie d’échecs à grande échelle, aucun coup n’est joué d’avance. Le sort de TikTok – et au-delà, celui de la souveraineté numérique américaine – reste suspendu à une série de décisions politiques qui dépassent largement le simple cadre d’un rachat commercial.
La technologie n’est plus seulement un outil, elle est devenue une frontière. Et TikTok, à cet instant précis, en est l’un des postes frontières les plus exposés.
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