Un journaliste américain reçoit par erreur des plans de guerre via Signal : une faille d’une gravité exceptionnelle

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C’est une affaire aussi surréaliste que vertigineuse : Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du très respecté média The Atlantic, a révélé avoir été intégré, par erreur, à un groupe Signal dans lequel étaient discutés des détails ultrasensibles sur une opération militaire imminente des États-Unis au Yémen. Dans cet échange auquel participaient, selon ses dires, des figures majeures du gouvernement américain – dont le directeur de la CIA, le vice-président J.D. Vance, et le sénateur Marco Rubio – des informations classifiées concernant des frappes ciblées ont été transmises… deux heures avant leur exécution.

L’incident, survenu le 11 mars 2025, soulève des questions d’une ampleur inédite sur les pratiques numériques des responsables américains. Alors que Signal, messagerie chiffrée réputée pour sa confidentialité, est généralement utilisée pour des échanges privés ou logistiques, elle ne fait l’objet d’aucune validation pour le transfert d’informations classées “secret défense”. Pourtant, c’est bien sur cette application que des données sensibles, incluant horaires, types d’armement et cibles, ont circulé entre les plus hauts représentants de l’État.

Le journaliste, pensant dans un premier temps être la cible d’un leurre ou d’un exercice de simulation, n’en croit pas ses yeux. Ce n’est qu’après la confirmation officielle des frappes dans les médias qu’il réalise la véracité des échanges dont il a été le témoin malgré lui. Il quitte alors le groupe de discussion et adresse plusieurs questions restées sans réponse aux membres concernés, tout en alertant sur l’usage potentiellement dangereux de canaux non sécurisés par des officiels de haut rang.

Si certains membres de l’administration Trump tentent de minimiser les faits, parlant de canular ou qualifiant le journaliste de personnage “discrédité”, la Maison-Blanche, quant à elle, a confirmé l’authenticité des messages, affirmant qu’une enquête est en cours pour déterminer comment une telle erreur a pu survenir. Les réactions, notamment politiques, ne se sont pas fait attendre : Hillary Clinton, avec une ironie glaçante, a réagi sur X en déclarant simplement « Dites-moi que c’est une blague », tandis que Chuck Schumer, figure du Parti démocrate, a dénoncé « l’une des fuites de renseignement militaire les plus stupéfiantes depuis très longtemps » et a exigé une enquête exhaustive.

Cette affaire jette une lumière crue sur l’imprudence numérique à l’ère de la diplomatie instantanée. Elle montre, une fois encore, combien la technologie peut, en dépit de ses protections, devenir un talon d’Achille lorsque son usage s’écarte des protocoles rigoureux. La cybersécurité ne saurait être un supplément de prudence dans un monde connecté ; elle en est désormais la condition première.

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